Début juillet, la Division « Trafics » de la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Liège a débuté une enquête qui a rapidement permis d’identifier et de localiser un important laboratoire d’extraction et de conditionnement de cocaïne. Ce laboratoire était installé dans une grande propriété isolée au milieu des cultures sur la commune de Faimes.
Ce 31 juillet 2025 vers 05h30, les équipes de la PJF de Liège (Team interne de support-TST, enquêteurs, laboratoire de police technique et scientifique, RCCU, …) avec l’appui de 6 maîtres-chiens de la Police Fédérale, de l’équipe Drones de la Direction Coordination et Appui de Liège et de l’unité de démantèlement de la police judiciaire fédérale a procédé à une perquisition et au démantèlement de ce laboratoire.
Cette perquisition a permis l’arrestation de 10 personnes parmi lesquelles le propriétaire et habitant des lieux, 6 personnes d’origine colombiennes, un Néerlandais et un Albanais qui étaient actifs dans le fonctionnement du laboratoire.
Toutes ces personnes étaient hébergées sur place.
Il est rapidement apparu que ce laboratoire était en plein fonctionnement avec deux lieux spécifiques de travail :
- un laboratoire d’extraction de la cocaïne masquée ou imbibée dans des supports qui restent encore à identifier. Cette installation se trouvait dans un sous-sol en béton aménagé au milieu de la propriété et dont l’accès se faisait via un vieux container maritime posé sur une dalle et dans lequel une trappe permettait l’accès à ce sous-sol ;
- un laboratoire de conditionnement installé dans d’anciens box pour chevaux au fond du jardin de la propriété où la cocaïne extraite et recristallisée était pesée, compactée en briques de +/- 1 kg au moyen d’une presse, séchée et conditionnée sous-vide avant distribution vers les réseaux criminels.
Le démantèlement a permis jusqu’à présent la saisie :
- d’au moins 50 kg de briques de cocaïne et de +/- 47 kg de cocaïne en vrac cristallisée, le reste de la production en cours devant encore être évaluée et pesée ;
- des quantités très importantes de produits chimiques utilisés pour les processus d’extraction et de cristallisation ;
- de matériels divers équipant les deux labos (extracteurs d’air, centrifugeuses, fours à micro-ondes pour le séchage, presse et gabarits avec logo pour former les pains de cocaïne, …) ;
- deux armes de poing (Glock 9mm avec numéros limés) à portée de main des suspects dans le logement ;
- d’une grenade offensive prête à l’emploi (enlevée par le service de déminage de l’armée) ;
- divers documents d’identité colombiens, espagnols, albanais et néerlandais ;
- de multiples GSM et matériel électronique.
Les auditions des suspects sont actuellement en cours avant leur présentation devant la Juge d’Instruction en charge de l’affaire.
L’enquête sera poursuivie, également à l’international, par la Division « Trafics » de la PJF Liège sous l’autorité du Juge d’Instruction.
Note contextuelle :
Les Cartels sud-américains, les mafias et les réseaux criminels internationaux actifs dans le trafic international de cocaïne disposent de moyens énormes provenant des bénéfices de leurs trafics.
Ainsi les opérations et enquêtes judiciaires menées avec force ces dernières années, notamment à travers les opérations SkyECC et Encrochat, ont déstabilisé et impacté ces organisations criminelles mais celles-ci ont la capacité dispose de capacité importante leur permettant de s’adapter rapidement.
Si on constate de prime abord une forte baisse des saisies dans les ports de Rotterdam et d’Anvers ces derniers temps, les criminels utilisent soit d’autres canaux via d’autres ports (Le Havre, Barcelone, Gioao Tauro en Calabre, …) ou via les aéroports (Bierset, Zaventem, …) mais recourent aussi à une technique de dissimulation de la cocaïne « par voie chimique » dans d’autres supports plus difficilement détectables (imprégnation dans des textiles, du cacao, charbon, …).
Parallèlement les organisations et réseaux criminels doivent alors installer dans nos contrées (Europe notamment) des laboratoires d’extraction en faisant notamment venir des « chimistes » spécialisés de leurs pays d’origine en Amérique latine (Colombie, Equateur, …).